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L’art de bien démissionner en France

Vous êtes un cadre – un manager ou spécialiste – et vous avez une solide carrière réussite derrière vous, des bonnes références, tout en étant toujours respecté professionnellement.

Mais votre travail vous ennuie — vous êtes bloqué, tout est devenu routinier, il n’y a plus de challenge, et vous cherchez ailleurs.

Comment partir, “sans casse” pour vous comme pour l’entreprise, comment faire en sorte de rester en bons termes tout en assurant le passage de relais ?

Tout d’abord, prévenez votre entreprise le plus vite possible. Une fois que vous avez l’autre proposition en main, prévenez votre DRH.

Le premier faux pas qui ferait des dégâts serait qu’ils apprennent votre départ par un tiers. Vous seriez alors en mauvaise position pour négocier votre départ. Faites-le oralement puis confirmez-le par une lettre de démission que vous adresserez en courrier recommandé avec accusé de réception.

Votre lettre devra contenir un certain nombre d’informations afin d’éviter par la suite toute contestation : votre état civil, une phrase indiquant clairement votre souhait de démissionner et la date de votre départ, compte tenu de la période de préavis, enfin une phrase indiquant quel poste vous occupiez, et éventuellement depuis quelle date. Vous n’avez pas besoin de motiver votre démission dans votre courrier.

Il n’y a pas de règles pour rédiger une telle communication, mais il est élégant d’expliquer clairement les raisons de votre départ, sans parler en mal ou en étant trop critique envers l’entreprise que vous quittez.

Une démission peut parfois être perçue comme une trahison. Une bonne lettre, efficace et courtoise, sera sans doute mieux vécue de part et d’autre et démontrera à quel point cette opportunité est importante pour la suite de votre carrière et pour l’accomplissement de vos projets professionnels.

Une technique rhétorique souvent employée et de suggérer à votre responsable ou à vos collègues de se mettre à votre place en leur posant la question « qu’auriez-vous fait à ma place ? ».

Dans le cas ou votre employeur vous a mis au placard ces dernières années, vous pouvez lui écrire que vous démissionneriez en échange d’une formation ou d’une indemnité.

Autrement dit, dans bien des cas, un départ se négocie.

Encore une fois : soyez calme et poli. Ne déversez vos récriminations sur les collègues de manière désobligeante et gardez pour vous vos commentaires sur l’incompétence du haut management car cela ne sert à rien et en dit plus sur vous que sur l’entreprise.

Une vie professionnelle est longue et il est forte probable que vous allez recroisez vos anciens collègues ailleurs dans l’avenir. Peut-être vont-ils retravailler avec vous en tant que fournisseurs, clients, ou partenaires.

Il n’est pas exclu que dans quelques années vous reviendrez chez votre employeur pour une nouvelle opportunité…

Le profesionnel supérieur sait garder toutes ses portes ouvertes. Il est muni non seulement des compétences techniques mais d’un savoir-faire relationnel.

Rendez-vous disponible pour la passation de pouvoir. Formez votre remplaçant, quitte à travailler en binôme pendant un moment. La direction de l’entreprise que vous quittez et le collègue ou les collègues qui vous remplacent vont apprecier votre sérieux et votre fiabilité, traits qui sont prisés dans le monde des affaires.

Bien que la durée de votre préavis soit fixée par convention, elle reste toutefois négociable. En plus de l’entachement à votre réputation, le refus d’effectuer votre préavis pourrait se solder par le versement de votre part d’une indemnité à votre employeur. En conservant de bonnes relations avec votre responsable et votre ancien entreprise, vous êtes en position avantageuse pour partir dans les meilleures conditions.

Si vous souhaitez quitter votre entreprise mais n’êtes pas certain de retrouver un poste immédiatement, négociez une rupture conventionnelle avec votre employeur. Ce cas de figures n’est pas le même que celle du licenciement ou de la démission.

En plus, il donne droit au versement d’une indemnité de rupture et à l’indemnisation par les Assedic.

Cette strategie convient plutôt aux cas difficiles. Son principe est celui ci : vous convenez avec votre employeur des conditions de la rupture du contrat de travail, qui donne lieu à la signature d’une convention. La convention doit mentionner le montant de l’indemnité spécifique de rupture conventionnelle, et celle ci ne peut être inférieure à celle de l’indemnité légale de licenciement. Ces deux indemnités doivent être supérieures à 1/5 de salaire par année d’ancienneté, montant auquel s’ajoutent 2/15e de mois par année après 10 ans d’ancienneté.

Dans le cas ou vous êtes enceinte, vous êtes dispensée d’effectuer le préavis, de même au terme de votre congé maternité, à condition d’informer votre employeur de votre démission par lettre recommandée avec accusé réception au moins 15 jours avant la date prévue pour votre retour dans l’entreprise.

Il est impossible par contre de démissionner d’un contrat à durée déterminée (CDD). Seuls l’accord à l’amiable, la faute grave, la force majeure ou encore l’embauche sous contrat à durée indéterminée de l’intéressé, sont admis pour rompre un tel contrat.

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